Lettre d'un enseignement

Publié le 13 Octobre 2013



Bonjour ,

En lisant votre article d'aujourd'hui portant sur les difficultés
rencontrées par les enseignants et les directions dans nos écoles,
concernant les accommodements, j'ai crû bon vous envoyer ce message.

Je suis retraité du monde de l'enseignement depuis juillet 2009. Je viens
d'une famille de 12 enfants dont 7 ont été enseignants ou directeurs
d'école. J'ai une formation d'orthopédagogue et j'ai enseigné au primaire
dans des classes spéciales durant 14 ans. Puis j'ai demandé à travailler
dans des classes régulières durant 7 ans.
Après 21 ans dans l'enseignement, je suis passé à la direction dans des
écoles de la CSDM. 3 ans comme adjoint à l'école Félix-Leclerc
(450 élèves) dans Côte des Neiges. 4 ans comme directeur de l'école
Notre-Dame-de-la-Défense (300 élèves), dans la Petite Italie. J'ai fini ma
carrière comme directeur, à l'école des Cinq-Continents (600 élèves en deux
pavillons) dans Côte des Neiges.

Je veux vous raconter quelques anecdotes dont j'ai été personnellement
témoin, concernant les accommodements et le "racisme".
- J'étais à l'école Félix-Leclerc, située aux frontières d'Outremont, lors
de l'attentat sur les tours du World Trade Center en 2001. Il y avait dans
l'école une forte communauté arabo-musulmane. Nous avions aussi quelques
élèves juifs, en provenance de l'ex-URSS ou de pays de l'Est. La tension
était palpable entre ces deux communautés.
Il fallait voir les parents tout autour de la cour d'école, surveiller les
enfants pour que les petits arabes ne soient pas maltraités par les autres
ou, pour que les petits juifs ne se fassent pas intimider par les petits
arabes. On se serait crû transporté au Moyen-Orient. Comme adjoint,
responsable de la discipline, j'ai dû convaincre les parents, un par un, de
faire confiance aux surveillants pour maintenir la paix sur la cour d'école.
- C'est dans cette école que j'ai vu des parents arabes demander que leur
enfant soit changé de classe parce que l'enseignante était une Haïtienne (en
fait c'était Paula Moreau, la mère du chroniqueur artistique Herby Moreau,
une enseignante remarquable). Naturellement nous n'avons pas accordé cet
accommodement. Notre astuce était de demander aux parents de nous faire leur
demande par écrit, en énumérant les motifs de la demande de transfert. Aucun
n'osait mettre sur papier leur demande à caractère "raciste"!
- Une autre mère arabe exigeait que sa fille obtienne le transport scolaire
pour se rendre à notre école. Après vérification, je lui ai fait remarquer
que jamais sa fille n'obtiendrait l'autobus scolaire car elle habitait juste
en face de l'école Bedford. Elle m'a rétorqué que sa fille ne pouvait
fréquenter cette école car il s'y trouvaient beaucoup trop de noirs. Comme
nous avions des places à Félix-Leclerc, j'ai dû accueillir sa fille en lui
disant qu'elle serait peut-être assise parmi des petits noirs, même à notre
école. Jamais je ne lui ai accordé l'accommodement du transport scolaire.
- Pour décongestionner les écoles primaires du quartier Côte des Neiges, la
CSDM a construit une toute nouvelle école : Lucile Thysdale, juste à côté de
l'école secondaire Lavoie. Pour remplir cette nouvelle école, un territoire
a été délimité tout autour, grugeant sur les territoires des écoles
primaires voisines.
Nous avions donc la responsabilité d'informer certains de nos parents, que
leurs enfants allaient être déplacés vers cette nouvelle école. Voilà qu'un
père arabe s'est présenté pour protester de façon intempestive. Il
s'adressait à moi, même si je lui indiquais que la direction de l'école
c'était ma patronne, une directrice d'expérience et très compétente. Il n'en
démordait pas, il s'adressait à moi, comme si ma directrice n'avait pas
existé, alors qu'elle était à côté de moi. Sur un ton vindicatif, sinon
irrespectueux, il nous interpellait à haute voix, nous invectivait et nous
menaçait. Il exigeait que ses filles restent à notre école. J'ai dû le
rencontrer au-moins à 3 reprises dans mon bureau. Il nous traitait de
racistes qui ne déplaçaient que les "enfants arabes" . Je lui expliquais que
les déplacements se faisaient en fonction du nouveau territoire, à partir
des codes postaux. Malgré qu'il ait menacé de poursuivre l'école et la
commission scolaire, jamais nous n'avons cédé à ses menaces. À un moment
donné dans mon bureau, alors qu'il répétait ses exigences, son épouse, une
femme voilée, a dit quelques paroles. Il s'est tourné vers elle en
vociférant : "Taies-toi ! Tu parleras lorsque je te le dirai." Je me suis
tourné vers elle, en l'invitant à me dire ce qu'elle avait sur le coeur.
Elle m'a exprimé ses sentiments. (Peut-être qu'a la maison elle a reçu une
correction, qui sait). À partir de ce moment-là, j'ai remis la monnaie de sa
pièce à monsieur, en ne regardant que son épouse, même lorsqu'il s'adressait
à moi !
- Une femme d'une gentillesse extraordinaire m'a marqué à l'école
Félix-Leclerc, par sa bonté, sa générosité et son dévouement. Elle était
d'origine tunisienne, mère de 2 garçons (8 ans et 11 ans). En arrivant au
Québec, son mari a exigé qu'elle porte le voile. Elle a refusé, car elle ne
l'avait jamais porté en Tunisie.
Après plusieurs chicanes familiales, elle s'est séparée. Faten m'a dit que
son ex disait à ses fils que "leur mère était une putain"
parce qu'elle ne portait pas le voile. J'ai convoqué les 2 garçons à mon
bureau pour leur dire que leur mère était la meilleure mère du monde ! Que
très peu de femmes portaient le voile au Québec et qu'elles n'étaient pas
des putains pour autant. Que leur père était très mauvais de parler ainsi de
leur mère. Faten allait mourir, quelques années plus tard, suite à un cancer
de l'estomac, rongée sans doute par la peine et par les menaces et les
insultes de son ex- mari.
- Faten était une des nombreuses femmes musulmanes (Tunisiennes, Marocaines,
Algériennes, Libanaises, Syriennes) qui ne portaient pas le voile et qui
étaient épanouies et bien intégrées à la Société québécoise. Quelle ne fut
pas ma surprise, un bon jour, de voir une suppléante se présentée avec le
voile sur la tête. C'était une Québécoise de souche qui était tombée
amoureuse d'un musulman, en même temps qu'elle était tombée sous son
emprise, de toute évidence.
Croyait-elle donner la leçon à toutes ces merveilleuses femmes musulmanes de
naissance, qui s'étaient libérées de ce "vêtement" qui n'était en fait qu'un
signe de soumission, beaucoup plus qu'un signe de croyance religieuse ?

J'en aurais pour des heures encore à vous écrire des dizaines d'exemples
d'accommodements "déraisonnables" dont j'ai été témoin.
dans mes autres écoles. Les Québécoises de souche, comme Françoise David,
Christine St-Pierre ou Julie Miville-Deschesnes, qui s'opposent à la Charte
et à des balises pour mettre un terme aux demandes d'accommodements, soit ne
savent pas ce dont elles parlent, soit elles se sont laissées convaincre par
des femmes voilées soumises, que c'était suite à un choix personnel libre
qu'elles portaient le voile. MENSONGE ! C'est bien plutôt suite à des
pressions familiales, parentales, maritales, sociales ou religieuses.
Mais aucunement un choix libre et réfléchi.
Je vous signale 3 contradictions dans le port du voile :
1° Le port du voile serait suggéré aux femmes musulmanes, afin de ne pas
attirer l'attention sur elles, par modestie ou par pudeur concernant leurs
atouts féminins. Ne réalisent-elles pas que dans nos sociétés occidentales,
comme très peu de femmes sont voilées, c'est en portant le voile qu'elles
attirent l'attention sur elles. On les remarque tout de suite dans la rue,
dans les parcs, dans les super- marchés, dans les salles d'urgence ou dans
les services publics alors qu'on ignore où sont les athées, les bouddhistes
et les chrétiennes.
On repassera pour la discrétion. Surtout lorsque leur voile devient une
décoration flamboyante ou un étendard (comme l'invitée de TLMEP ce dimanche
soir). Leur geste est plutôt un geste de provocation, pour affirmer haut et
fort leur appartenance culturelle et religieuse islamiques, dans nos
sociétés modernes occidentales. Imaginez si à chaque fois que nous croisons
une femme voilée, les chrétiens faisaient un signe de la croix, pour leur
signifier qu'elles vivent dans une société de tradition chrétienne ! Elle en
éprouveraient peut- être, à leur tour, un certain inconfort, tout comme nous
devant leur voile.
2° Si le voile est porté pour cacher les atouts féminins (chevelure, gorge,
nuque fine, poitrine généreuse) pourquoi des petites filles de
5 ans à 11 ans dans nos écoles primaires, portent-elles le voile ?
Que cachent-elles ? Elles n'ont pas de sein tout comme les petits garçons de
leur âge ! Ce serait leur choix libre à 5 ans, 6 ans, 7 ans, 8 ans ou 9 ans,
alors qu'elles ne sont pas pubères ? On repassera pour la liberté de choix !
On commence déjà, à cet âge à leur laver le cerveau et à les préparer à être
bien soumises, rendues à la puberté.
3° Si c'est un choix libre, pourquoi lorsqu'elles décident de ne pas porter
le voile, sont-elles exclues de leur famille ou de leur communauté ?
Pourquoi deviennent-elles la cible de menaces et d'intimidation ? Pourquoi
certaines, qui veulent vivre à l'occidentale, sont-elles victimes de crime
d'honneur ici et ailleurs ?
Vous avez dit choix libre mesdames David, St-Pierre et Miville- Deschesnes.
Honte à vous de maintenir vos consoeurs musulmanes sous l'emprise de
préceptes religieux obsolètes datant du Moyen-Âge, imposés par des imams
machos qui ne veulent surtout pas perdre le contrôle sur les femmes de leur
communauté. On repassera pour la "libération de la femme" ici et ailleurs
!!!

Luc Lemoine

Rédigé par jgbeaulne.over-blog.com

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Daniel Allard 27/10/2013 09:52

Merci Mr Lemoine, pour ce bel exposé de la vie dans la vrai vie.J'ai,personnellement dans ma clientèle des musulmans qui sont des gens très bien avec qui je parle de toute sorte de sujet sans jamais créer de polémique, pourtant eux même ont dans leur environnement ce qu'ont appelle des mauvais coucheurs avec qui même eux ne peuvent s'entendre. Donc figuré qu'il ont quitté un pays qui ne convenais plus à leurs aspirations et malheureusement il se retrouvent ici a se faire enquiquiné par les imams et autres représentants religieux qui ne comprendront jamais ce qu'est la liberté de pensée. C'est un comble que ces musulmans progressistes ne puissent vivre leur vie sans être taxé par les lubies d'une gang d'excité de dieu (appelé autrement) qui n'ont en fait que le goût de la domination de l'autre, comme seul occupation. Faisons comme Mr Poutine. obligeons et aidons les fédérations musulmanes a autogéré les excité de dieu et laissons les musulmans progressistes près a s'intégrer s'intégrer.
Pour Mr Pelletier les merdias tant papiers que télé ne sont là que pour vendre du savons. Preuve en est, regardé le nombre phénoménal de publicité et tout le temps qu'on perd à les écouter. L'autre jours quelqu'un à demandé pourquoi Pierre-Karl Péladeau ne se présentait pas pour devenir premier ministre du Québec. La réponse est bien simple ils sont lui et ses amis les Desmarais les vrai dirigeants de ce Québec trop endormie pour réagir. Pourquoi ce mettre à l'avant plan quand on peut géré toutes les marionettes de tous les partis politiques confondus a partir des coulisses.

Pierre Pelletier 24/10/2013 18:33

Alors, pourquoi les réseaux de télévision invitent des femmes voilées et pas des gens comme vous avec preuves à l'appui. Pourquoi toujours un côté de la médaille ?